5.18.2016

Conférence économique internationale de Yaoundé: tapis rouge aux investisseurs


Résultat de recherche d'images pour "conférence économique internationale de Yaoundé"Par ESSAMA ESSOMBA, Cameroon Tribune
En ouvrant les travaux mardi au palais des Congrès, le président Paul Biya a démontré que le Cameroun offre des opportunités variées d’investissement.

Que faut-il pour que les investisseurs nationaux et étrangers saisissent ici et maintenant, ainsi qu’à l’avenir, les opportunités qu’offre le Cameroun, terre d’attractivités, pour investir et rester durablement dans notre pays ? Cette  problématique globale
est revenue en filigrane des réflexions et des pistes de solutions esquissées mardi en mi-journée à l’ouverture de la conférence économique internationale de Yaoundé. La cérémonie solennelle d’ouverture  présidée par le président de la République, Paul Biya, s’est déroulée dans la grande salle du palais des Congrès où ont pris place tous les corps constitués de l’Etat, les membres du corps diplomatique, des invités spéciaux, des opérateurs économiques, des nombreuses personnalités conviées à cette occasion et des membres du CERAC.

Après l’hymne national et le passage sur écran d’un spot présentant quelques-uns des atouts du Cameroun, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, a souhaité la bienvenue à tous les participants. Vous êtes chez vous à Yaoundé,  la ville aux sept collines, ville verte, ville accueillante, leur a-t-il dit. Profitez-en, a-t-il ajouté en substance, pour déguster l’art culinaire camerounais notamment au « Bois Ste Anastasie ». Pour d’autres plaisirs, avec prudence et sagesse.

Des conclusions utiles pour toute l’Afrique

Dans son discours d’ouverture, le président Paul Biya a, avant tout, exprimé sa gratitude à l’ensemble des personnalités qui ont accepté l’invitation du Cameroun à participer à la conférence économique internationale de Yaoundé. Il y voit leur intérêt non seulement pour le développement économique du Cameroun mais aussi pour l’amélioration des conditions de vie des populations camerounaises. Il a indiqué les deux principales articulations de la conférence, dans un premier temps (hier) l’examen de la situation économique, la présentation et l’analyse des atouts du Cameroun lors des tables rondes, dans un second temps (aujourd’hui) la rencontre entre investisseurs et opérateurs économiques nationaux. Pour le chef de l’Etat, les conclusions de la présente conférence devraient servir à l’Afrique toute entière. Voilà pourquoi il a relevé quelques faits significatifs d’une histoire du développement de notre continent analysée tantôt avec un pessimisme outrancier dans les premières années de l’indépendance, 1960 (l’Afrique noire est mal partie de René Dumont) à l’optimisme endormeur présentant béatement l’Afrique, sans nuance aucune, comme le continent de tous les succès à venir. Fidèle à lui-même, le président Paul  Biya se dit « prudent ». Et d’exprimer, une fois de plus sur ce sujet, ses convictions. La  croissance n’est pas une fin en soi, dit-il. Il faut aller au-delà de sa mesure numérique. Il faut mettre l’homme au centre des initiatives à caractère économique. Ceci est valable pour notre planète Terre. Dans un monde dont l’interdépendance est toujours accrue, le défi global consiste à créer des espaces économiques partagées. C’est, précise-t-il, ce que le Cameroun recherche : promouvoir ici un partenariat gagnant-gagnant. D’où l’appel aux investisseurs vers notre pays aux multiples atouts et aux nombreuses opportunités.

Ancien président de la Commission européenne et ancien PM portugais, Jose Manuel Barroso a plaidé pour une coopération plus étroite entre l’Europe et l’Afrique. N’exerçant plus de fonction officielle, a-t-il cru devoir préciser, il s’est engagé à s’exprimer avec plus de franchise. Il a balayé l’europessimisme, car selon lui l’Europe fait montre de résilience face aux crises actuelles (réfugiés, crises dans certains pays et menaces sur l’euro…) S’agissant de l’Afrique, il a repris le questionnement du président des Etats-Unis Barack Obama. Il y a 30 ans environ, le Kenya et la République de Corée étaient au même niveau de développement. D’où vient la différence aujourd’hui ? Au-delà de l’ouverture commerciale, les facteurs cruciaux pour le développement, selon Jose Manuel Barroso, sont les suivants : les infrastructures, l’éducation et l’état de droit.

L’expérience coréenne, racontée par l’ancien Premier ministre Chung Un-Chan est basée sur une croissance économique partagée. La République de Corée a mis en œuvre une stratégie nationale de développement, un accent particulier sur l’éducation et un «  fighting spirit » national. Dans ce pays, l’on apprend et pratique trois valeurs essentielles dès la naissance : aimer la patrie, respecter les aînés, faire des économies.

Enfin, le PDG du groupe United Bank for Africa présent dans 19 pays africains, le Nigérian Tony Elumelu, plusieurs fois ovationné, a démontré que le Cameroun est un pays viable pour les investisseurs. La formation est solide : il a choisi trois Camerounais pour diriger le groupe dans trois autres pays africains. Il a discuté avec les autorités camerounaises pour trouver des espaces de construction d’immeubles-sièges à Yaoundé et Douala. Sa fondation entend former sur fonds propres des jeunes Camerounais talentueux et ambitieux. Les solutions aux problèmes africains doivent d’abord venir des Africains eux-mêmes, pense-t-il. Une photo de famille a conclu la cérémonie.

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