4.14.2016

Sept signes qui montrent que votre entreprise ne va pas bien

Par Géraldine Dauvergne, business.lesechos.fr  
Le dirigeant ne perçoit pas toujours clairement les signes qui devraient l'alerter. Pourtant, diagnostiquées à temps, les difficultés de l’entreprise peuvent être surmontées.

Pris par la routine ou débordé par les événements, le chef d’entreprise ne perçoit pas toujours les signaux discrets qui devraient l’alerter. Pourtant, diagnostiquées à temps, les difficultés de l’entreprise peuvent être traitées efficacement grâce à différents outils
juridiques ou judiciaires : médiation du crédit, demande de mandat ad hoc ou de conciliation au Président du Tribunal de Commerce ... « Les signes de dysfonctionnement ne sont jamais isolés, » explique Cédric Colaert, associé chez Eight Advisory, cabinet de conseil en restructuration, en charge des situations spéciales. « C’est la conjonction de plusieurs de ces signes, avec un ou deux d’entre eux très prononcés, qui signale une situation alarmante. » Voici donc sept indices qui doivent alerter le dirigeant, ou son entourage.

#1 Une trésorerie tendue

Cela semble évident, et pourtant ! Une trésorerie qui commence à se dégrader, au point qu’il faille tirer un peu, beaucoup, puis de plus en plus, sur le crédit bancaire, ou sur les délais de paiement des fournisseurs, doit alerter. Au lieu de cela, le plus souvent, le chef d’entreprise a le réflexe de minimiser ses difficultés de trésorerie, qu’il juge passagères. « L’entrepreneur doit savoir prendre des risques, rappelle Cédric Colaert : c’est même l’une de ses grandes qualités. Mais cela se retourne contre lui lorsqu’il est confronté à des difficultés sérieuses, qu’il s’obstine sous-estimer. »

#2 Des outils de gestion prévisionnels inexistants

Ce ne sont que des outils, mais qui en disent long sur l’état d’une entreprise ... « Beaucoup de sociétés n’ont même pas d’outils de prévision financière, et quand elles en ont, ils ne sont pas adaptés aux besoins ou sont mal renseignés, observe Cédric Colaert : ils mélangent besoins de financement et moyens de financement, et ne rendent pas compte des impasses de trésorerie. »

#3 Le refus de voir la réalité en face

Un retard de saisie des factures de fournisseurs qui s’accumule, un suivi de gestion qui n’est pas optimisé, voire volontairement dégradé, et un chef d’entreprise qui s’enfonce dans le déni ... « Mis face à l’évidence, il répond que vous vous trompez, que vous noircissez le tableau, que la vraie vie n’est pas sur un tableau Excel … », raconte Cédric Colaert, qui a vécu personnellement le dépôt de bilan de l’entreprise de son père et assure connaître « par cœur la mentalité du dirigeant qui ne veut pas voir ses propres difficultés». « Il n’y a rien d’autre à faire, à ce stade, que de forcer la vérité à sortir pour pousser le chef d’entreprise à réagir, » conclut-il.

#4 La perte de vision stratégique

Quand l’entreprise tourne depuis plusieurs années, son dirigeant pense qu’elle est bien établie sur ses marchés et que cela va durer. En fait, l’entreprise devient de moins en moins adaptée aux mouvements stratégiques. « La dérive d’un compte de résultats vers les pertes n’est visible que six mois à deux ans après des erreurs de stratégie, estime Cédric Colaert. Il est essentiel d’être clairvoyant et de se poser les bonnes questions à temps. »

#5 Une implication personnelle du dirigeant défaillante

Lorsqu’il demande à visiter une entreprise, Cédric Colaert vérifie si son dirigeant la connaît à fond. Il doit savoir dire quels sont les produits actuellement sur la ligne de production, ou ce sur quoi travaille son service R&D, sans avoir à poser la question à ses employés. « Mon grand-père connaissait les noms de tous ses employés, se rappelle-t-il. Mon père n’en connaissait plus que 30%. Lorsque votre activité est bien installée, vous devenez une référence dans votre métier, un notable. Et vous perdez contact avec le terrain de l’entreprise, le décalage va croissant … Il est indispensable de vivre son entreprise à fond pour qu’elle aille bien. »

#6 Un entourage qui ne dit plus la vérité

L’entourage et les consultants « historiques » du chef d’entreprise perdent eux-mêmes de leur acuité avec le temps. « Pour conserver leur client, ils ne disent plus la vérité, ni ne donnent de mauvaises nouvelles, explique Cédric Colaert. Leur fonction d’alerte et de prévention n’existe plus. Les conseils ont pourtant le devoir d’aiguillonner et de pousser le dirigeant à se remettre en question. Sinon ils l’envoient dans le mur. »

#7 La dégradation du leadership et du climat social

Trop souvent le chef d’entreprise considère son entreprise comme un outil, et oublie son caractère humain et périssable. « La dégradation du management, du leadership et du climat social est une constante dans les entreprises en difficulté, analyse Cédric Colaert. Si les relations humaines fonctionnent bien, les employés n’ont pas peur de faire remonter les informations, et le dirigeant est alerté des difficultés par ses propres salariés. »

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