12.03.2015

Paul Biya appelle à la mobilisation des financements pour la Lutte contre les changements climatiques en Afrique

ct021215.jpgPar BADJANG ba NKEN, Cameroon Tribune
Le chef de l’Etat a fait ce plaidoyer mardi à Paris au cours d’un sommet organisé sur le thème : « Défi climatique et solutions africaines ».
L’Afrique est au cœur des enjeux mondiaux sur le climat. Et aucune solution durable et équitable ne peut être adoptée dans le cadre de la lutte contre le réchauffement de la planète sans prise en compte des problèmes africains.
C’est en raison de cette situation que s’est tenue mardi au Centre des conférences du Bourget,  a l’initiative du président de la République
française, François Hollande, un sommet dans le cadre de la COP21 sur le thème « Défi climatique et solutions africaines ». 14 chefs d’Etat et de gouvernement africains dont le président Paul Biya ont pris une part active à ce sommet dont l’objectif était de placer les solutions proposées par les pays africains au cœur des négociations de l’accord de Paris qui ont véritablement démarré hier.

Continent extrêmement vulnérable aux changements climatiques, l’Afrique vit déjà les effets du réchauffement de la planète au travers de la sécheresse, des inondations, des impacts sur la santé et sur l’économie, de la montée du niveau de la mer etc. alors qu’elle n’est qu’un très faible producteur de gaz à effet de serre. Malgré tout, le continent africain ne reste pas les bras croisés et s’organise pour faire face à la situation avec des moyens limités. Le sommet auquel le chef de l’Etat, Paul Biya, a pris part hier a été l’occasion de présenter des projets visant à restaurer ou maintenir des conditions de vie acceptables pour les habitants de l’Afrique.
Trois thèmes au menu
Trois thèmes ont été abordés au cours des échanges d’hier : l’accès aux énergies renouvelables, le projet de la «  Grande muraille verte » et la situation du lac Tchad. S’agissant du projet des énergies renouvelables, on retiendra que l’Union africaine appelle à réaliser 10 GW d’énergies renouvelables supplémentaires d’ici 2020 et 300 GW d’ici 2030 conformément à la décision prise lors du sommet du Johannesburg en juin 2015. Quant à l’initiative de la « Grande muraille verte » lancée en  2007 et qui rassemble 11 pays de la Mauritanie à l’Erythrée, elle a pour objectif de lutter contre la désertification et de contribuer à l’adaptation des populations et des écosystèmes aux changements climatiques, ainsi qu’à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre.
 La situation du lac Tchad était le dernier point inscrit à l’ordre du jour des débats. Il est apparu au cours des échanges qu’en raison de la sécheresse et de l’ensablement, la superficie actuelle couverte par les eaux représente en moyenne 10% de ce qu’elle était dans les années 1960. Ce qui provoque non seulement des tensions entre agriculteurs et éleveurs qui se battent pour le contrôle des espaces fertiles mais également des pénuries alimentaires et d’importants mouvements migratoires. Aux difficultés traditionnelles des pays du Bassin du Lac Tchad relatives à la gestion des ressources en eaux, se sont ajoutées de graves problèmes sécuritaires dus aux attaques répétées de la secte islamiste Boko Haram.
Prise de conscience africaine
Intervenant hier lors du débat consacré à ce thème, le président Paul Biya a remercié son homologue François Hollande pour l’initiative de ce sommet et pour les mesures prises par les organisateurs de la COP21 en vue d’assurer la qualité des travaux et la profondeur des échanges. S’interrogeant  sur la  prise de consciences par les Africains des effets des changements climatiques, le chef de l’Etat a reconnu qu’elle est effective. Il a toutefois  relevé que le véritable problème qui se pose c’est celui des financements,. Aussi a- t- il lancé un appel pour une plus grande mobilisation des fonds en faveur de l’Afrique. Le président de la République qui a par ailleurs relevé pour le déplorer que dans la zone du lac Tchad, les changements climatiques ont entrainé non seulement des problèmes écologiques et alimentaires mais aussi l’émergence de la violence provoquée par la secte islamiste Boko-Haram s’est félicité des mesures prises par le Nigéria, le Tchad, le Benin et le Cameroun pour faire face aux terroristes.
Au terme des échanges de mardi, l’on retiendra l’engagement renouvelé de la Banque mondiale et de la Banque Africaine de Développement pour accompagner l’Afrique dans la mise en oeuvre des mesures relatives à la lutte contre le réchauffement de la planète, notamment en ce qui concerne le développement des énergies renouvelables et le soutien à l’initiative de la « Grande muraille verte ». Pour sa part, le président Hollande a annoncé que la France financera pour un montant de 6 milliards d’euros l’électrification en Afrique pour la période 2016-2020, dont 2 milliards d’euros pour les énergies renouvelables.

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