7.28.2015

Muhammadu Buhari en Visite d’amitié et de travail au Cameroun ce mercredi

ct280715.jpgPar  Malobe Eugénie, Cameroon Tribune
Propos liminaire du ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, lors du point de presse donné lundi à Yaoundé.
« Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Chers Invités,
Mesdames, Messieurs,
L’information circulait déjà depuis quelques temps – et certains d’entre vous l’ont d’ailleurs annoncé – le Président de la République Fédérale du Nigeria, Son Excellence MUHAMMADU BUHARI, effectuera dans les tout prochains jours et à l’invitation
du Président de la République du Cameroun, Son Excellence Paul BIYA, une visite d’amitié et de travail dans notre pays.
Je vous ai donc conviés à l’échange de ce jour, afin que nous puissions nous entretenir sur cet important événement - le premier de cette nature - qui intervient deux mois seulement après l’accession du Président BUHARI à la magistrature suprême de son pays.
Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, permettez-moi de vous souhaiter une chaleureuse bienvenue à ce rendez-vous, et de vous remercier pour votre prompte réaction à l’invitation que je vous ai adressée.
Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Vous en conviendrez avec moi, une visite de cette nature, qui est le fait du Président de la première puissance économique d’Afrique et qui, de surcroît, intervient dans un contexte sécuritaire aussi tendu que celui de la lutte armée contre le groupe terroriste Boko Haram, ne saurait laisser personne indifférent, ni au Cameroun, ni au Nigeria, ni en Afrique, ni même à travers le monde.
L’événement mérite donc qu’on lui consacre une attention particulière, et pour vous journalistes, en tant qu’informateurs publics et faiseurs d’opinions, que vous en soyez vous-mêmes suffisamment édifiés.
 Je voudrais tout d’abord souligner que cette visite du Président de la République Fédérale du Nigeria sur nos terres, constitue pour notre pays, un honneur et un privilège certains, que nous devons tous saluer avec fierté et satisfaction.
Cette visite nous donne aussi l’occasion de souligner pour le rappeler, l’excellence des relations qui lient nos deux nations depuis fort longtemps.
Les relations entre le Cameroun et le Nigeria sont en effet marquées par des facteurs à la fois géographiques, historiques, économiques et culturels, qui au fil du temps, ont amené nos peuples et nos institutions respectives ; à tisser des liens solides, d’amitié, de cordialité et de fraternité.
Vous le savez : au plan géographique, le Cameroun et le Nigeria partagent une frontière d’environ 1 600 kilomètres, qui s’étend de l’Océan Atlantique aux confins du Lac Tchad. Cette frontière, véritable couloir migratoire, ouvre la voie à des échanges culturels et commerciaux particulièrement denses, entre les populations des deux pays.
À ce jour, les statistiques font état de quelque 4 millions de Nigérians vivant de façon permanente au Cameroun, et une forte communauté de Camerounais implantés au Nigeria.
Que ce soit au Cameroun ou au Nigeria, les deux communautés sont totalement intégrées les unes aux autres, et vivent en parfaite harmonie, dans un esprit de paix, de solidarité et de tolérance mutuelle.
Au plan historique, on peut relever qu’une bonne frange de l’élite politique et intellectuelle de notre pays, originaire de l’ex-Cameroun Occidental, soit une bonne frange de l’élite intellectuelle de cette partie de notre pays, s’est formée en partie ou en totalité au Nigeria En retour, de nombreux Nigérians ont occupé des postes de responsabilités de niveau élevé dans diverses Institutions de l’ex-Cameroun Occidental.
Cette réciprocité observée dans notre histoire commune a été rendue possible du fait qu’à une certaine époque, la partie occidentale de notre pays, placée dans un premier temps sous mandat de la Société des Nations, et ensuite sous tutelle des Nations Unies, avait été administrée par la Grande-Bretagne à partir du Nigeria.
De fait, et au-delà de ces péripéties politico-historiques, des millions de Camerounais et de Nigérians proviennent en réalité des mêmes souches sociologiques, et même anthropologiques.
En ce qui concerne la coopération économique prise globalement, faut-il le rappeler, le Nigeria constitue aujourd’hui l’un des principaux partenaires commerciaux de notre pays.
En effet, pour la seule année 2013 par exemple, le Nigeria s’est situé au deuxième rang des fournisseurs du Cameroun, et au quatorzième rang de nos clients.
Toujours pour cette même année, les exportations du Nigeria en direction du Cameroun se sont élevées à 452 milliards 18 millions de francs CFA, tandis que les exportations du Cameroun vers le Nigeria se situaient à hauteur de 39 milliards 531 millions de francs CFA.
La structure des échanges commerciaux entre les deux pays indique que le Cameroun achète au Nigeria, principalement des produits pétroliers, des lubrifiants, des matériaux de construction, des produits cosmétiques, des engrais, des oranges, des appareils électroménagers, des articles de ménage et des tissus pagnes.
La présence nigériane dans l’économie camerounaise est également significative. 4% des entreprises recensées au Cameroun en 2010, appartiennent en effet à des ressortissants nigérians, soit 3 127 unités engagées dans le commerce de détail et de gros, mais aussi dans les secteurs de l’industrie lourde tels que la métallurgie et le BTP.
En retour, le Nigeria achète au Cameroun des produits alimentaires, du bétail, des huiles végétales, des produits de l’industrie, de l’aluminium et des détergents.
Afin de renforcer ces courants d’échanges, les deux pays ont signé le 11 avril 2014un accord, qui élargit la gamme des produits commercialisables, et crée des conditions favorables à l’amélioration du commerce transfrontalier.
Conscient de l’importance du marché nigérian fort de près de 190 millions de consommateurs, le Gouvernement camerounais a entrepris depuis 2009, des activités de prospection économique et commerciale sur ledit marché, qui commencent déjà à porter des fruits, comme en témoigne la tendance haussière du volume de nos exportations vers ce pays.
Par ailleurs, le Cameroun et le Nigeria ont mis en place une instance diplomatique statutaire, dénommée la Grande Commission Mixte de Coopération, dans le but d’optimiser la coordination nos relations dans des domaines aussi variés que la sécurité, l’économie, le commerce, les affaires consulaires, la justice, la recherche scientifique et la culture.
C’est dans ce cadre que se sont inscrites d’une part, l’organisation des Journées Économiques et Commerciales du Cameroun au Nigeria qui se sont tenues à Calabar en 2009, à Kano et Port-Harcourt en 2010 et à Lagos en 2011, et d’autre part, la participation annuelle du Cameroun aux foires commerciales au Nigeria, telles que le « Lagos International Trade Fair » ou encore le « African Arts and Crafts Expo », pour ne citer que ceux-là.
Dans le même ordre d’idée, les Journées Économiques et Commerciales du Nigeria au Cameroun se sont tenues au mois de février 2009 à Douala.
En outre, le Nigeria a pris part à ce jour, à toutes les éditions du Salon International de l’Artisanat du Cameroun, le SIARC, qui se sont tenues depuis la naissance de cet événement.
En ce moment même, un Forum d’Affaires entre les deux pays, est en cours de préparation.
Les secteurs des infrastructures et de l’énergie ne sont pas en reste, dans ce vaste champ de la coopération économique entre le Cameroun et le Nigeria. En témoignent, un ensemble de projets structurants que les deux États se sont engagés à réaliser.
Je citerai sans être exhaustif : le projet de construction de l’axe routier Kousséri-Maltam-Fotokol ; le projet de construction de la route transfrontalière reliant Bamenda au Cameroun, à Enugu au Nigeria, et dont les travaux ont démarré le 21 juin 2010 ; le projet d’interconnexion électrique en vue du transfert de l’énergie du Cameroun vers le Nigeria, finalisé au cours de la 5ème session de la Grande Commission Mixte de Coopération qui s’est tenue en 2010 à Abuja, et dont l’Accord a été signé le 18 février 2011 à Yaoundé ; le projet de construction d’un pont sur la Cross River ; le projet de construction d’un pont sur le fleuve Mayo-Tiel dans la Région du Nord Cameroun, frontalière de l’État fédéré de l’Adamawa au Nigeria, dont le Mémorandum d’Entente et les termes de référence y relatifs sont en cours de négociation.
Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Chers Invités,
Mesdames, Messieurs,
L’esprit de dialogue et cordialité entre la Cameroun et le Nigéria est une donnée constante des relations entre les deux pays, et chaque fois que cela a été nécessaire, Camerounais et Nigérians se sont retrouvés autour d’une table, dans un esprit de tolérance et de compréhension mutuelle, pour qu’au-delà des intérêts des uns et des autres, les liens d’amitié et de fraternité qui sont les nôtres, soient toujours sauvegardés.
J’en veux pour preuves et à titre d’illustration, la fréquence des visites réciproques au sommet, ainsi que la signature de nombreux accords entre les deux États.
En ce qui concerne les visites au sommet, les Présidents des deux Républiques se sont toujours rencontrés autour de sujets aussi cruciaux que variés.
Ainsi, depuis 1999, la visite de Son Excellence MUHAMMADU BUHARI sera la 6ème d’un Chef d’État nigérian en terre camerounaise.
Pour sa part, le Chef de l’État du Cameroun, Son Excellence Paul BIYA,  s’est rendu en visite au Nigéria en 1983 et en 1991.
En 2003, il a participé au sommet du Commonwealth à Abuja, et au cours de la même année, il s’est rendu à la prestation de serment du Président OLUSEGUN OBASANJO.
En 2007, le Président camerounais a pris part à l’investiture de Son Excellence UMARU MUSA YAR’ADUA de regrettée mémoire. Le Président Paul BIYA a également pris part à la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Nigeria le 1er octobre 2010 à Abuja.
Pour ce qui est des accords de coopération, le Cameroun et le Nigeria en ont signé une quinzaine entre 1963 et 2014, dans les domaines aussi divers tels que, la sécurité, la justice, la circulation des personnes et des biens, le transport, le sport, la culture, le développement de la jeunesse. Je citerai, entre autres : le protocole d’accord sur le contrôle du mouvement des personnes et des biens le 06 février 1963 ; l’accord culturel, social et technique du 22 mars 1972 ; l’accord commercial du 06 février 1963 révisé le 13 janvier 1982 et le 11 avril 2014 ; l’accord de coopération en matière de police du 27 mars 1972 ; l’accord de coopération judiciaire du 27 mars 1972 ; l’accord sur le transport aérien du 19 mai 1978 ; l’accord de Greentree du 12 juin 2006 ; l’accord de coopération dans le domaine du sport et de l’éducation physique, signé le 18 février 2011 ; l’accord de coopération dans les domaines des sciences et des technologies, signé le 11 avril 2014 à Yaoundé.
En ce qui concerne les représentations diplomatiques, le Cameroun dispose d’un Haut-Commissariat à Abuja, d’un Consulat Général à Lagos et d’un Consulat à Calabar.
Quant au Nigeria, il dispose d’un Haut-Commissariat à Yaoundé et de deux Consulats Généraux à Douala et à Buea. Il envisage d’ouvrir un autre Consulat Général à Garoua.
Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Chers Invités,
Mesdames, Messieurs,
Dans un contexte fortement marqué par l’insécurité transfrontalière, causée par les exactions de la secte terroriste et criminel Boko Haram, le Cameroun et le Nigeria travaillent la main dans la main, en mutualisant leurs ressources,  pour éradiquer cette horde de barbares.
C’est dans cette optique que les deux pays ont procédé le 28 février 2012 à Abuja, à la signature d’un accord portant création d’un Comité de Sécurité Transfrontalière, le CST.
Le CST a tenu sa première session du 06 au 08 novembre 2013 à Yaoundé. La deuxième session de ce Comité s’est tenue du 08 au 11 juillet 2014 à Abuja. Yaoundé a accueilli sa troisième session du 18 au 20 février 2015. Des recommandations de nature à harmoniser une stratégie de lutte conjointe et efficace contre l’insécurité en général, ont été formulées à cet effet. Dans le même ordre d’idée, un atelier sur la coopération transfrontalière a été organisé du 16 au 19 janvier 2015 à Uyo, dans l’État d’Akwa-Ibom.
Cet atelier a permis d’identifier plusieurs secteurs d’intérêt commun, qui nécessitent une coopération franche entre les deux pays, en vue de développer les zones frontalières et de réduire la précarité à laquelle les populations qui y vivent sont exposées.
La deuxième session de l’atelier va se tenir en 2016 au Cameroun.
Il va sans dire que la coordination et l’intensification de la lutte contre Boko Haram et le terrorisme en général, constituera l’un des sujets majeurs de la rencontre que les deux Chefs d’État s’apprêtent à tenir ici même à Yaoundé, comme l’indiquait déjà le communiqué officiel publié par la Présidence de la République Fédérale du Nigeria, au terme de l’audience que le Président BUHARI avait accordée au mois de juin dernier, au Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, M. René Emmanuel SADI, en sa qualité d’émissaire du Chef de l’État camerounais, Son Excellence Paul BIYA.
À cette même occasion, le Président nigérian avait affirmé qu’il se rendrait au Cameroun dès la fin du jeûne du Ramadan.
En substance, le Président BUHARI avait alors eu ces propos à l’intention de l’émissaire camerounais, je le cite : « Je suis heureux que le Président vous ait envoyé. Comme vous avez pu le constater, je suis allé au Niger et au Tchad pour débattre de ce problème. J’envisageais de me rendre ensuite au Cameroun, mais j’ai reçu une invitation à prendre part au Sommet du G7 en Allemagne. Je me devais d’assister à ce Sommet, car le phénomène Boko Haram s’est mondialisé, et cette question était inscrite à l’ordre du jour des échanges », fin de citation.
Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Le Président de la République Fédérale du Nigéria arrive au Cameroun au moment même où visiblement, le groupe terroriste Boko Haram, défait sur front militaire, semble avoir changé de mode opératoire dans sa boulimie criminelle, en multipliant cette fois des attentats kamikazes sur des civils innocents, pour semer la psychose et la terreur au sein des populations, comme en témoignent les dernières agressions intervenues sur le territoire camerounais, dans la localité de Fotokol et à trois reprises, dans la ville de Maroua.
A ce sujet et au nom du Chef de l’État et de son Gouvernement, j’adresse les condoléances les plus émues aux familles si durement éprouvées, et un prompt rétablissement aux blessés.
Je voudrais, à la mémoire des victimes de ces crimes odieux, aux blessés et à leurs familles, dire que leur sacrifice constituera un adjuvant déterminant, pour l’éradication définitive de Boko Haram.
Au nom du Chef de l’État, je demande à tous les Camerounais en général et aux populations de la région de l’Extrême-Nord en particulier, de redoubler de vigilance, de ne ménager aucun effort pour une collaboration totale, loyale et sincère avec les autorités administratives et les forces de défense et de sécurité, de leur communiquer toute information susceptible de débusquer Boko Haram et ses complices partout où ils pourraient se trouver sur notre territoire. Toujours au nom du Chef de l’État, je les exhorte à ne jamais céder à la panique, et à opposer une résistance inébranlable à cette campagne de psychose et de peur que la horde barbare et criminelle de Boko Haram, tente de mener en direction de nos populations.
Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Les Chefs d’Etats du Cameroun et du Nigéria mettront donc à profit leur prochaine rencontre au sommet, pour se concerter et accorder leurs violons  sur les meilleurs moyens de répondre à cette autre forme de belligérance d’une lâcheté et d’une sauvagerie à nulles autres pareilles, et au-delà, sur les stratégies communes visant à réduire à néant le projet destructeur de Boko Haram.  
En répondant de la sorte à l’invitation que le Président Paul BIYA lui a adressée, et en se rendant pour ce faire au Cameroun, tout juste après la fin du jeûne du Ramadan, le Président de la République Fédérale du Nigeria tient assurément parole.
C’est donc en frère et en ami du Cameroun que ce grand homme de la politique nigériane vient à la rencontre du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, et de l’ensemble du peuple camerounais.
On peut de ce fait,  se rendre à l’évidence que les relations entre le Nigeria et le Cameroun sont excellentes, qu’elles sont au beau fixe, et que leur perspective est des plus prometteuses.
Toutes les Camerounaises et tous les Camerounais doivent s’en réjouir et accompagner comme un seul homme, les volontés du Président Paul BIYA du Cameroun, et du Président MUHAMMADU BUHARI du Nigeria, de consolider les liens séculaires qui unissent nos deux peuples, et de mettre ensemble toutes les énergies de leurs pays respectifs, afin de vaincre à jamais le péril Boko Haram.
Je vous demande donc, à vous, Mesdames, Messieurs les Journalistes de la presse camerounaise, de mettre vos voix à l’unisson, pour accompagner et soutenir la volonté de nos deux Hommes d’État.                    
Je vous remercie de votre aimable attention ».

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