7.15.2015

La BEAC baisse de 50 points son taux directeur pour redonner du souffle aux économies de la CEMAC

La  BEAC baisse de 50 points son taux directeur pour redonner du souffle aux économies de la CEMACLe 9 juillet 2015, le Comité de politique monétaire (Cpm) de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), institut d’émission des six pays membres de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, République centrafricaine, Guinée équatoriale et Tchad), a décidé de baisser son taux directeur de 50 points, passant ainsi de 2,95% à 2,45%.
Cette décision, a expliqué Lucas Abaga Nchama, le gouverneur de la BEAC, vise à faciliter le financement des Etats de la CEMAC par la banque centrale. En effet, apprend-on, les trésoreries de ces pays sont actuellement plombées
par les déficits budgétaires dus à la baisse des recettes pétrolières et les crises en Centrafrique et aux frontières du Cameroun et du Tchad, du fait de la menace Boko Haram.
La baisse du taux directeur, a poursuivi le gouverneur de la BEAC, vise également à relancer la croissance économique dans cette partie de l’Afrique, en permettant aux banques commerciales de se refinancer auprès de la banque centrale à un taux d’intérêt minoré, ce qui devrait objectivement induire la baisse des taux d’intérêt sur les crédits octroyés aux opérateurs économiques par les institutions bancaires de la zone CEMAC.
Cependant, ce dernier vœu de la BEAC se heurte aux réalités du terrain. En effet, malgré les différentes baisses du taux directeur consenties par la banque centrale des pays de la CEMAC ces dernières années, l’accès au crédit par les opérateurs économiques ne s’est pas beaucoup amélioré, les banques commerciales continuant de pratiquer des taux d’intérêt jugés exorbitants.
Selon le gouverneur de la BEAC, cette situation tient de deux principaux faits : la prime de risque élevée pratiquée par les banques et l’environnement des affaires dans cet espace communautaire qui n’est pas des plus sains. «Il faut que les Etats prennent leurs responsabilités, en permettant aux banques d’exécuter les garanties», a souhaité Lucas Abaga Nchama.
Prévision de croissance revue à la baisse
Ce dernier a, par ailleurs, indiqué que pour inverser cette tendance et catalyser une baisse effective des taux d’intérêt pratiqués par les banques, la BEAC encourage de plus en plus les établissements de crédit à recourir aux accords de classement. Ce mécanisme, qui permet à la banque centrale de contrôler les taux d’intérêts sur les crédits accordés à certains opérateurs économiques, à en croire le gouverneur de la BEAC, permet souvent de réduire les taux d’intérêt usuels jusqu’à 50%.
La relance de la croissance au moyen de la facilitation de l’accès au crédit dans la zone CEMAC est d’autant impérieuse que les prévisions n’incitent pas à l’optimisme. En effet, le Comité de politique monétaire de la BEAC projette finalement le taux de croissance 2015 dans cet espace communautaire à 2,8%, contre plus de 4% en début d’année.
A l’origine de cette révision à la baisse de la prévision du taux de croissance dans la zone CEMAC, où cinq des six pays membres sont producteurs de pétrole, a expliqué Lucas Abaga Nchama, la chute de la production pétrolière au 2ème trimestre 2015, couplée à la baisse des cours mondiaux de l’or noir, qui ne sont pas des plus reluisants depuis le début de cette année. Selon les prévisions de la BEAC, même les tensions inflationnistes s’établiront à 2,9%, effleurant ainsi le seuil de 3% admis dans la zone CEMAC.
Brice R. Mbodiam, Investir au Cameroun

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