2.12.2015

Le cameroun se lance dans le marché financier international

Par Josiane TCHAKOUNTE, Cameroon Tribune
Résultat de recherche d'images pour "marché financier international"L’Etat s’apprête à mobiliser 750 milliards de F sur le marché financier international. La lettre de mandat permettant de lever ce financement a été signée mardi à Yaoundé.
 Pour financer ses investissements, l’Etat du Cameroun vient de franchir un nouveau palier dans la mobilisation de ressources. Le marché financier international. Le montant recherché s’élève à 1,5 milliard de dollars US, l’équivalent de 750 milliards de F.
L’argent est destiné au refinancement de la Société nationale de raffinage (Sonara), au financement partiel du plan d’urgence triennal et de certains projets de développement. Pour la réalisation de cet emprunt obligataire international, l’Etat du Cameroun (représenté par le ministère des Finances) a signé mardi à Yaoundé la lettre de mandat y relative. Ainsi, conformément au décret d’habilitation du président de la République du 06 février dernier, Alamine Ousmane Mey, ministre des Finances (Minfi), a paraphé les documents y relatifs avec les directeurs généraux de Société générale Cameroun (SGC), Jean-Philippe Guillaume, et Standard Chartered Bank, Mathieu Mandeng. « Nous sommes co-chef de file avec Standard Chartered Bank, ce qui signifie que c’est nous qui allons organiser l’émission sur les marchés internationaux. Cette émission aura lieu surtout auprès d’investisseurs américains, européens et asiatiques. Nous n’intervenons par directement dans l’émission en elle-même, nous l’organisons et nous faisons en sorte de trouver les investisseurs », explique le Dg de la SGC.
Comment l’opération va se dérouler ?
L’opération qui se prépare est une émission obligataire internationale ou eurobond. Plus simplement, un emprunt obligataire comme ceux de 2010, 2013 et 2014 mais qui, cette fois, se fera à l’international. Un « processus plus compliqué », selon Jean-Philippe Guillaume. Le banquier fait allusion au fait que les montants soient beaucoup plus élevés et que les investisseurs ne soient plus locaux, mais internationaux. Dès maintenant, les deux co-chefs de file et les équipes du Minfi vont commencer à rédiger toute la documentation juridique qui permettra de lancer l’emprunt. Cet exercice de structuration de l’emprunt qui démarre dès la semaine prochaine constitue le plus gros du travail. Le Minfi l’a d’ailleurs souligné pendant le toast, « il faut se préparer à des journées de 27 heures ».
Quelles chances de réussite ?
La mobilisation des ressources proprement dite, c’est-à-dire les 750 milliards de F, devrait être facile. « On aura les 750 milliards de F », assure un responsable du Minfi pour qui cette étape ne devrait pas durer plus d’une semaine. L’Etat du Cameroun va sur le marché financier international avec un capital confiance bâti sur les trois premiers emprunts obligataires réalisés au niveau national qui ont permis de mobiliser un montant cumulé de 330 milliards de F. Des opérations toutes réalisées avec succès, du fait du respect des engagements par l’Etat. Sauf que, de l’avis des experts, il faudra aussi tenir compte d’un autre élément, l’état du marché. « Nous savons quel est l’état des marchés aujourd’hui. Mais, comme l’émission aura lieu dans quelques mois, c’est difficile de savoir quel sera l’état des marchés à ce moment là. Mais, si des banques comme la Société générale et Standard Chartered ont accepté d’engager leur réputation et leur signature sur un tel emprunt, c’est que nous sommes raisonnablement confiants de notre capacité à lever les capitaux », confie le DG de SGC.
Pourquoi y aller ?
Il s’agit d’un instrument de financement auquel l’Etat a choisi de recourir. Cependant, le recours au marché financier international peut aussi se justifier par l’importance des investissements à réaliser et la « saturation » du marché national. En effet, depuis 2010, date à laquelle l’Etat a eu recours pour la première fois au marché des capitaux pour financer son économie, il a été rejoint par d’autres Etats, notamment le Tchad, le Gabon et la RCA. Les demandeurs de capitaux se multipliant, les offres se sont au fur et à mesure amenuisées avec des incidences sur les taux et les volumes de souscriptions. Il fallait donc, aller sur le marché financier international.

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