7.21.2014

L’exécution du BIP sous surveillance

Dans le cadre de la mise en œuvre de sa feuille de route, le Conseil supérieur de l’Etat (Consupe) vient de dépêcher plusieurs équipes sur le terrain pour voir plus clair au sujet de l’exécution du budget d’investissement public (Bip) dans différentes régions du pays. Ce n’est pas une nouveauté en soi puisque les missions mobiles de vérification ont toujours fait partie de la panoplie opératoire du Consupe en matière de surveillance de la gouvernance financière et comptable.
Le déploiement des personnels de vérification intervient dans un contexte tout à fait particulier. Malgré quelques améliorations notables par rapport aux exercices antérieurs, le taux d’exécution du Budget d’investissement public est encore en-deçà des objectifs du gouvernement, des attentes de la plus haute autorité de l’Etat et plus généralement, des populations qui sont les principales bénéficiaires de toute initiative en vue d’améliorer leurs conditions de vie.   Il suffit de rappeler que les services du Contrôle Supérieur de l’Etat « relèvent de l'autorité directe du président de la République, dont ils reçoivent les instructions et à qui ils rendent compte » pour comprendre l’importance et la portée des descentes régulières sur le terrain pour vérifier de près le respect des directives et procédures en vigueur en ce qui concerne l’investissement public. La construction d’un centre de santé ou d’une école, l’équipement des salles de classe, la réhabilitation d’un tronçon routier ou la réfection d’ouvrages d’art sont autant d’initiatives apparemment isolées, mais dont l’impact sur le développement local n’est plus à démontrer.
Nos villes et campagnes ont besoin d’infrastructures de toute nature et l’immensité de la demande n’en rend que plus urgent l’accélération des procédures d’exécution du Bip. Au début de chaque exercice budgétaire, des moyens colossaux sont dégagés pour le financement de projets multiples. Il s’apprend que le nombre de projets à auditer pour les deux régions du Nord et de l’Extrême-Nord s’élève à 714 projets pour une enveloppe globale d’environ 39 milliards. Les autres régions du pays ne sont pas en reste puisque l’opération couvre l’ensemble du territoire national. La question est dès lors de savoir si cette masse budgétaire, impressionnante sur le papier, a été utilisée à bon escient. Sans préjuger des différents rapports d’audit à produire, on peut affirmer sans risque de se tromper, que les nouvelles qui nous parviennent de l’arrière-pays sont loin d’être rassurantes, contrariant de ce fait la volonté des pouvoirs publics de faire du Bip l’un des leviers de relance de la croissance à travers des projets à retombées multiples. Alors qu’on a entamé le septième mois de l’année en cours, l’exécution du Bip n’a pas véritablement pris l’envol escompté. Malgré les variations régionales, la moyenne du taux d’exécution à l’échelle du pays est d’environ 20% : encore faut-il s’estimer heureux d’en arriver là ! Ce taux d’exécution, anormalement bas, est inversement proportionnel aux moyens déployés. Parallèlement à l’accroissement régulier de la masse budgétaire consacrée au Bip d’un exercice à l’autre, le gouvernement a mis en œuvre une série de réformes audacieuses portant, entre autres, sur l’adoption du budget-programme qui consacre la gestion axée sur les résultats en vue d’améliorer la qualité de la dépense : la réorganisation du secteur des marchés publics avec un ministère dédié. Toutes choses censées accélérer la consommation des crédits. Sur le terrain, c’est plutôt le contraire qui se produit. Tout semble indiquer que les différents intervenants dans la chaîne se combattent plutôt que d’agir en synergie, pour plus d’efficacité. Le citoyen ordinaire qui attend beaucoup des retombées du Bip n’y comprend rien et se demande logiquement où se trouve la clé de l’énigme. Qu’est-ce qui fait problème ?>>>

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