6.07.2014

Stratégies contre la fuite des capitaux

Strategies contre la fuite des capitauxPar Jean Francis BELIBI, Cameroon Tribune, 06-06-2014
La problématique est à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des avocats africains ouverte hier au nom du chef de l’Etat par le Premier ministre.
Les chiffres avancés dans le cadre des flux financiers illicites en provenance de l’Afrique ont de quoi inquiéter. D’après les chiffres communiqués par la Banque mondiale, pour la seule période allant de 2000 à 2008, ce sont pas moins de 50 milliards de dollars US, soit environ 2 500 milliards de F que le continent perd chaque année par ce biais. Et la saignée va croissante.
Il s’avérait donc indispensable de se pencher sur le problème, afin d’y apporter des solutions efficaces et réorienter ces ressources qui peuvent servir au développement de l’Afrique. Les avocats africains y ont pensé. Dans le cadre d’une conférence sur le thème : « Flux financiers illicites en provenance d’Afrique : neutralisation des fuites, gestion et rapatriement des avoirs gelés », organisée en marge de leur Assemblée triennale, ouverte hier au palais des Congrès de Yaoundé, par le Premier ministre Chef du gouvernement Philemon Yang au nom du chef de l’Etat. Pour le chef du gouvernement camerounais « la pratique a montré que les différences des cadres juridiques internationaux empêchent des enquêtes efficaces dans le cadre du suivi de ces flux financiers. » Il a dès lors invité les membres de l’Union panafricaine des avocats (UPA) à réfléchir aux solutions qui peuvent être apportée afin de permettre à l’Afrique de mieux vivre de ses ressources. S’inspirant de ce qui est fait au Cameroun, Philemon Yang a exhorté les participants aux assises de Yaoundé à mettre un accent sur la lutte contre la corruption.
Avant le représentant personnel du chef de l’Etat camerounais, l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, en sa qualité de président du Panel de haut niveau UA-ONU sur les flux financiers illicites en provenance d’Afrique a, dans sa leçon inaugurale, dressé la feuille de route qui doit guider les membres de l’UPA, même si cette bataille, à son avis, intéresse tous les Africains, quel que soit leur niveau social. Pour lui, les avocats doivent réévaluer leur rôle dans les transactions financières, en même temps qu’ils doivent être capables d’informer leurs clients sur les conséquences éventuelles de ces transactions. Bien plus, ils peuvent aller plus loin en refusant d’y prendre part. Pour le président Thabo Mbeki, il est question de faire la distinction entre les intérêts à court terme, caractérisés par des gains financiers et ceux plus longs dont les conséquences sur l’avenir du continent peuvent être très graves. Me Akere Muna, le président de l’UPA a relevé qu’il est anormal d’accabler uniquement ceux qui ont tiré des ressources illicites de l’Afrique en épargnant les banques occidentales qui jouent le rôle de receleur. « Il est anormal que ces fonds gelés restent entre leurs mains. et qui en profitent. » Une démarche qui va dans le sens des idées défendues par Transparency International. Les travaux de la conférence proprement dite se déroulent ce jour, alors que l’UPA va procéder demain à l’élection de son nouvel exécutif.

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