6.04.2014

Le Mash Up-France : un outil pour favoriser les rencontres entre étudiants entrepreneurs

Emmanuelle CoulonCV : Emmanuelle Coulon, future diplômée HEC-Télécom - Programme Management des Nouvelles Technologies - est présidente de Mash Up, association étudiante qui a pour but de promouvoir l'entrepreneuriat auprès des étudiants.
Interview :
Pouvez-vous nous présenter le Mash Up ?
Le Mash Up est une association étudiante qui a pour objectif de promouvoir l'entrepreneuriat chez les jeunes. Il a deux missions principales : d'une part, sensibiliser les étudiants à l'entrepreneuriat et les encourager dans cette voie et, d'autre part, créer des rencontres entre étudiants de formations différentes, mais complémentaires. Le Mash Up existe depuis 3 ans et touche des étudiants de divers établissements.
Comment est-il né ?
L'histoire du Mash Up, c'est avant tout la rencontre de trois étudiants : deux d'HEC et un de Télécom Paris, à l'occasion d'un programme commun entre ces deux établissements.
Ces étudiants se sont rendu compte qu'il y avait trop peu de programmes qui mélangeaient les compétences suivantes : commerce, ingénierie et design. Or c'est ce mélange qui est nécessaire à la création d'entreprises. Face à ce constat, ils ont décidé de créer l'association avec, pour objectifs de casser les murs entre les différentes formations et de permettre à des étudiants de filières différentes de se rencontrer et de monter des projets ensemble.
Quelles actions mettez-vous en place ?
Nous organisons des évènements, toujours sur le même format : témoignages, concours de pitchs et cocktail de networking.
Nous invitons des entrepreneurs ou des personnalités de l'écosystème entrepreneurial, pour parler de leurs parcours ou d'une thématique particulière. Ces témoignages permettent à notre public d'étudiants d'avoir une vision plus concrète et de bénéficier de retours d'expériences.
Après les témoignages, nous organisons un concours de pitch réservé aux étudiants et jeunes diplômés. Ces concours offrent aux porteurs de projets la possibilité de présenter leur projet devant un auditoire et de leur donner de la visibilité.
Apres la clôture du concours, c'est le cocktail networking. Il vise à créer des rencontres entre les étudiants. On donne des badges de couleur aux personnes du public en fonction de leur formation (badges bleu pour les écoles de commerce, vert pour les ingénieurs, etc.) afin de permettre aux participants de rencontrer des profils qu'ils n'ont pas l'habitude de côtoyer dans leur quotidien.
Avez-vous connaissance de projets qui ont abouti ?
Il y a en effet des projets qui ont été pitchés lors d'un Mash-up et qui 3 ans plus tard sont encore présents : ils ont levé des fonds, se sont développés, ont remporté des concours prestigieux, etc.
Nous n'avons pas encore d'écho de projets construits grâce à des rencontres réalisées lors du cocktail, mais il faut être patient. Nous ne sommes pas toujours au courant de ce qui se passe en dehors du cocktail ! En revanche on est très proches des pitcheurs et aujourd'hui nous sommes très heureux de voir que des projets se développent et prennent de l'ampleur. C'est très encourageant de constater que des jeunes ont réussi ou sont dans la bonne direction.
Quels types de projets sont généralement présentés ?
Ce sont principalement des projets innovants. Nous sommes ouverts au niveau de la typologie des projets qui peuvent participer au Mash Up. Notre seul critère de sélection est centré sur l'équipe, qui doit être constituée d'étudiants ou de jeunes diplômés lançant un projet commun. Nous soutenons avant tout l'entrepreneuriat et il y a plusieurs manières de créer (société, association, etc.).
A l'OPPE, on parle d'esprit d'entreprendre, à savoir l'entrepreneuriat dans le sens large du terme (prise d'initiative, débrouillardise, etc.) Comment définiriez-vous l'entrepreneuriat, l'esprit d'entreprendre ?
C'est avant tout une envie et une passion. Il est essentiel d'avoir cette passion, cette force de persévérance et d'oser. Entreprendre, c'est aussi savoir prendre des initiatives, être déterminé et savoir se débrouiller. C'est pour cela que c'est avant tout une passion, surtout que les obstacles à l'entrepreneuriat sont encore nombreux.
L'entrepreneuriat exige également d'être capable de s'ouvrir aux autres, il est impossible d'entreprendre lorsque l'on est isolé. Il faut être capable d'échanger, d'accepter les critiques et d'en tirer des bénéfices. Cette dynamique collective est très importante et nous avons beaucoup de retours positifs allant dans ce sens. Le regard des autres sur un projet permet de mieux adapter son produit ou son service et donc d'avancer dans sa réalisation. Ce sont ces échanges que le Mash Up tente de mettre en avant.
Être jeune pour entreprendre : est-ce un atout ou un inconvénient ?
C'est un atout car, finalement, les inconvénients peuvent être détournés. Le manque d'expérience professionnelle et de compétences techniques (comptables, financières) est souvent cité comme étant un obstacle, mais cela peut être compensé par la détermination et capacité à bien s'entourer. "La fougue de la jeunesse" permet de faire beaucoup de choses ! Par ailleurs, lorsque l'on est jeune on a généralement moins de contraintes familiales et budgétaires, le degré de risque est donc différent. Et puis… les jeunes ont toute la vie pour se permettre "l'échec" et pour rebondir !
J'ai l'impression que les jeunes d'aujourd'hui ont un rapport à l'échec moins dramatisant que les générations précédentes. Le jeune d'aujourd'hui ose, et l'échec ne représente plus un tabou. Il peut même être envisagé comme une opportunité pour se surpasser et pour mieux rebondir. Nous sommes en train d'apprendre à valoriser l'échec.
Adrien Aumont, co-fondateur de Kiss Kiss Bank Bank, en a très bien parlé lors de notre conférence : Mash-Up Etudiant, l'âge idéal pour entreprendre ?
Ces dernières années, les acteurs œuvrant en faveur de la diffusion de l'entrepreneuriat se sont multipliés. 2014 est notamment à marquer d'une pierre blanche puisque les PEPITE seront mis en place. Le Mash-up mène-t-il des actions en partenariat avec les autres acteurs ?
Lorsque nous organisons nos évènements, nous le faisons en partenariat avec des écoles, des incubateurs ou des structures qui travaillent avec des jeunes. Par ailleurs, c'est aussi le moyen d'identifier des porteurs de projets susceptibles de participer au concours de pitch.
Le Mash Up prend de plus en plus d'ampleur, notre structure est de plus en plus connue et reconnue dans l'écosystème, et donc la visibilité que l'on peut offrir aux pitcheurs est d'autant plus importante.
C'est une association inter-établissement, complétement indépendante des structures auxquelles appartiennent les étudiants. Néanmoins, il y a des partenariats qui se font avec les écoles, indispensables pour l'organisation d'évènements. Chaque évènement est organisé dans une école différente.>>>

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire