5.14.2014

Le Sud-africain Standard Bank lorgne sur le marché bancaire camerounais

Le Sud-africain Standard Bank lorgne sur le marché bancaire camerounaisAprès l’ouverture d’un bureau de liaison à Abidjan, en Côte d’Ivoire, au mois de novembre 2013, la Standard Bank, établissement bancaire sud-africain considéré comme le plus grand prêteur en Afrique, envisage de se déployer dans l’ensemble des zones UEMOA et CEMAC, notamment au Cameroun, a appris l’agence Ecofin de sources internes à la banque.
Selon Greg Goeller, le responsable Afrique de l'unité corporative et d'investissement de la Standard Bank, en plus de regrouper quelque 148 millions d'individus et un PIB nominal cumulé de 167 milliards de dollars (environ 83 500 milliards de FCfa), les pays de la CEMAC et de l’UEMOA ont un important avantage,
qui «réside dans le fait que leur monnaie (le franc CFA) est garantie par le Trésor public français, tandis que les devises en cours dans les deux unions monétaires, sont adossées à l'euro. Cela offre beaucoup plus de stabilité aux investisseurs du point de vue du risque monétaire».
Ce responsable de Standard Bank justifie également l’intérêt de cette institution bancaire pour les pays de l’Afrique de l’Ouest et centrale par le fait que, souligne-t-il, «les entreprises sud-africaines et celles d'une grande partie du monde occidental, à l'exception évidente de la France, n'ont traditionnellement joué aucun rôle majeur en Afrique francophone. Pourtant, le monde ne peut tout simplement plus se permettre de continuer à ignorer le potentiel de croissance économique de ces pays».
Pour M. Goeller, «bien que les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique francophone aient jusqu'à présent été largement liés au secteur des mines et des ressources, qui compte pour 83,9 % de la valeur totale des transactions réalisées au Gabon, en Côte d'Ivoire, au Cameroun, en Guinée, au Sénégal, en Sierra Leone et au Congo entre 2008 et 2012, cette situation est appelée à évoluer». En effet, la Standard Bank estime que d'autres secteurs, dont le pétrole et le gaz, les infrastructures, les télécommunications, les biens de consommation à croissance rapide et l'agriculture, vont attirer de plus en plus d'investisseurs dans ces pays d’Afrique.
Cette réalité est même déjà observable au Cameroun, pays dans lequel le gouvernement est engagé dans de grands projets énergétique (électricité, gaz naturel, énergies renouvelables et pétrole), miniers (Fer de Mbalam et de Nkout, bauxite de Minim Martap, diamant de Mobilong…), infrastructurels (plan ferroviaire national) et agro-industriels, dont la majorité est encore en quête de financements. De plus, de par son bilinguisme, le Cameroun présente un avantage comparatif par rapport aux autres pays francophones, pour lesquels M. Goeller craint que «la langue puisse parfois être un léger obstacle» pour la conduite des affaires d’entreprises anglophones telles que la Standard Bank.

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