5.18.2014

La délivrance des autorisations suspendue pour l'exploitation minière artisanale

Par Sorèle GUEBEDIANG, Cameroon Tribune, 15-05-2014
La mesure a été prise par le ministre Emmanuel Bonde mercredi dernier, en réponse au désordre  qui règne sur les sites.
Le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), Emmanuel Bondé, a pris la décision mercredi dernier de suspendre la délivrance, le renouvellement et toute transaction sur les autorisations d’exploitation minière artisanale sur toute l’étendue du territoire national.
Cette mesure conservatoire d’une durée de six mois renouvelable, a été prise afin de permettre au gouvernement de faire le point sur les acteurs, leurs équipements et de contrôler effectivement la production de l’or au Cameroun. « A ce niveau, nous sommes dans un système déclaratif au Cameroun. On ne stoppe pas les activités sur le terrain, mais on stoppe la délivrance des autorisations d’exploitation artisanale. Les activités de ces nouveaux acteurs ne cadrent pas avec la loi. Par conséquent, ils déclarent bien ce qu’ils veulent. D’où la difficulté que peut avoir le Cameroun à être conforme à l’ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives). Notamment lorsque la production du Cameroun arrive à une destination et que la déclaration qui est faite se trouve différente de celle qui est à la base, alors qu’il faut concilier les déclarations », explique Thérèse Olomo Belinga, chef de la division des affaires juridiques au Minmidt. Elle poursuit : « Si cette activité continue, le Cameroun ne pourra jamais concilier les déclarations en ce qui concerne l’or et le diamant. »
Et de renchérir : « Ces opérateurs ont profité d’un vide juridique parce que le code minier avait prévu des catégories d’exploitants miniers. Pour intervenir dans ces domaines, ces opérateurs opèrent avec la complicité des Camerounais. Ils ont aussi trompé les véritables artisans camerounais notamment ceux qui sollicitent l’exploitation artisanale auprès des autorités compétentes, à en demander davantage», précise Mme Thérèse Olomo Belinga. Ceci pour la simple raison que certains artisans camerounais ne peuvent pas eux-mêmes exploiter sous le prétexte qu’ils recherchent un partenaire technico-financier avec lequel ils signent un contrat. « Nous ne sommes pas sûrs que ce partenaire puisse contrôler quelque chose. C’est pourquoi, on a constaté qu’il y a une attribution massive des autorisations artisanales qui sont rachetées par ces partenaires technico-financiers qu’on retrouve sur le terrain avec des engins », conclue-elle.  Une situation qui a une incidence sur les recettes et les activités de ces acteurs qui n’appartiennent ni au secteur minier, ni au secteur civil.

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