3.06.2014

Décentralisation: la dernière ligne droite

Par Armand ESSOGO, Cameroon Tribune, 05-03-2014
Le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MINATD) a engagé en février dernier par Douala, la capitale économique, une série de formations à l’intention des maires, secrétaires généraux de mairie et autres receveurs municipaux. Garoua et Bamenda ont abrité des sessions similaires avec un même objectif : permettre aux maires de s’approprier les textes qui encadrent la décentralisation. Le processus est entré en vigueur en janvier 2010 avec les premiers transferts de compétences et de ressources. L’objectif du gouvernement étant de permettre à toutes les populations camerounaises de palper les bienfaits du développement local.

Seulement sur le terrain, l’expérience de la mise en œuvre de ce processus trahit des dysfonctionnements. Tous les acteurs n’ont pas toujours la même compréhension du processus. Est-ce pour éviter les lenteurs actuelles que les maires, les secrétaires généraux de mairie et les receveurs municipaux sont soumis à un recyclage sur la gestion budgétaire et comptable des collectivités territoriales décentralisées, l’exécution et le contrôle du budget communal ? Il y a forcément un lien. Surtout que le Minatd a mis les experts de la direction générale du Trésor, le Pndp ainsi que le Feicom à contribution. Jusque-là, on a aussi noté que le personnel ciblé bénéficie d’une remise à niveau en vue de l’amélioration de sa connaissance du cadre légal de la décentralisation. La maîtrise des processus de transfert des ressources et la capacité à mobiliser les fonds et à les gérer participent également des modules de formation. Qu’est-ce qui peut bien justifier un tel déploiement du Minatd alors que l’option de la décentralisation est irréversible ?
Pour nombre d’observateurs, si personne ne remet plus en question la décentralisation, il reste cependant vrai que tout le monde ne l’accompagne pas au même rythme. Aux résistances observées dans certaines administrations centrales s’ajoute la faible propension des acteurs de terrain à s’approprier le contenu des lois d’orientation de la décentralisation de 2004. Il y est pourtant clairement mentionné que l'Etat transfère aux collectivités territoriales décentralisées des compétences nécessaires à leur développement économique, social, sanitaire, éducatif, culturel et sportif. Il convient toutefois de relever que l’effectivité du transfert nécessite la mise à la disposition des collectivités territoriales décentralisées des ressources humaines, matérielles et financières idoines. Ces ressources financières sont dévolues aux collectivités territoriales décentralisées soit par transfert de fiscalité, soit par dotation, soit par les deux mécanismes à la fois. La pratique semble jusqu’ici montrer que tous les intervenants ne maîtrisent pas encore ces dispositions pertinentes de la loi.
D’où le sentiment d’une partie de l’opinion que la décentralisation coince.>>>

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