1.29.2014

Petite histoire de l’innovation en quatre étapes

LE CERCLE. Une chose impensable est en train de se passer. Les grandes entreprises que l'on réduisait par la lourdeur de leur bureaucratie, leur difficulté à prendre des risques et à ne rien comprendre des modèles économiques liés à internet. Ces grandes entreprises - que l'on opposait aux start-up si innovantes, agiles et créatives - sont en train de redevenir une terre fertile d'innovation....

Au vue du Design Thinking qui se répand comme une trainée de poudre en France (il était temps ceci-dit) en parallèle du développement du Lean Start-up. Du « Business Model Generation » qui est en train de devenir un standard. De l'utilisation de l’open-Inovation par de grandes entreprises et de l’arrivée progressive de l’approche tendance, l’innovation est en train de d'innover sur elle-même ! 
Le monde de l’innovation, qui ronronnait entre la structuration de l’idéation (utilisé en architecture depuis les années 70) et l'arrivée d'internet est en train de changer de forme, de sens et de terrain d'expérimentation...
Pour identifier les disruptions de l’innovation prenons un peur de recul. Retraçons de façon « Q&D » (Quick & Dirty) l’histoire de l’innovation, des grandes inventions au Lean Start-up.
Premier ère : 1400-1910 - Les grands inventeurs
De Gutenberg à Zuckerberg, de Edison à Dyson, les inventeurs sont alors des individus avec une vision. Auteur d’une découverte imprévue ou résultante d’un acharnement forcené. Peu importe qu’ils aient fait un mash-up d’autres inventions (Vinci) ou que leurs compétences aient été plus commerciales et design que technologiques (Jobs), leurs noms sont indissociables de leurs inventions.
Oui Jobs et Dyson sont nés après 1910 mais ils appartiennent à cette famille des inventeurs que l'on peut nommer par leur nom. Ce type d'inventeur est de plus en plus rare. Nous visitons aujourd’hui les inventeurs au concours Lépine comme nous visitons des espèces menacées dans des zoos.
Mais voilà, le coût de la Recherche et Développement, la complexification des technologies, les temps de développement des technos et le coût des brevets ont rendus l’innovation hors de portée des individus...
Second ère : 1910-1960 La Recherche et Développement
Les héros de cette époque sont des hommes en blouse « qui cherchent ». Ce furent les débuts des laboratoires Bell, de Kodak ou de Rank Xerox et de son Palo Alto Research Center ou « Parc ».

Pendant que les entreprises passaient petit à petit d’exploitantes d’inventions créées par leur fondateur à créatrices d’invention et  détentrices de brevet, surtout détentrices de brevet en fait - voir les cas Kodak/Polaroid et Apple/Samsung - leur bureaucratie s’alourdit progressivement et ces entreprises perdent leur agilité et leur capacité à prendre des risques.
Dehors les artistes, créatifs, innovateurs et iconoclastes ! Ici c’est une entreprise sérieuse qui fait de la qualité ! Vous n’avez plus votre place dans une entreprise de plus en plus rationalisé à coup de MAQ et d’optimisation des process ! Ca tombe bien, de toute façon, découragés par la lourdeur hiérarchique galopante, le contrôle à tous les étages, le manque de confiance et la récupération de leurs idées, regardez-les quitter le paquebot pour construire leur propre barque dans les nouvelles technologies...
Pour Edmund Phelps, prix nobel 2006 et auteur de "Mass Flourishing: How Grassroots Innovation Created Jobs, Challenge and change" C'est ici que s'arrête l'innovation en raison - entre autre - de la montée du corporatisme, du rejet de l'argent, du manque d'incitations financières et de la fin du désir d'innover ! Selon lui, la dictature du court terme aura eu la peau de l'innovation, remplacée dans les économies occidentales par la recherche de l'amélioration de court terme de moins en moins rémunératrice et de moins en moins créatrice d'emploi...
Troisième ère : 1960-2005 L’âge d’or du capital risque
Deux mouvements inverses vont se développer dans le courant des années 60 :
D’un coté, l’augmentation des besoins de financement pour concevoir, tester et commercialiser les produits ou services innovants. De l’autre, des banques qui deviennent…comment dire... Il deviendra de plus en plus difficile de financer sa boîte naissante grâce à un prêt d’amorçage auprès d'une banque.
Pas seulement car les banques de prêtent de plus en plus difficilement mais parce que l’âge des créateurs rajeunit et avec eux leur capacité d'emprunt. Un chiffre parmi des milliers, l’âge moyen de la première levée de fond pour les diplômés du MIT est passé de 41 ans dans les années 60 à 27 ans dans les années 90.
Une nouvelle source de financement devait être trouvée. C’est ainsi qu’arrive sur scène les premiers « Capital-risqueurs » ou Venture Capital. L’article de HBR cité en référence raconte l'histoire de la première entreprise américaine cotée de capital risque - bien avant Sequoia - appelée « American Research and Development Corporation » qui investit 70 000$ dans DEC en 1957 et récupéra 355 millions de dollars lorsque l’entreprise deviendra cotée à son tour.
Les choses se compliquèrent quand ces fonds d’investissement commencèrent à priser la rentabilité à court terme à leur tour et à prêter de moins en moins. Quelques chiffres :  de 57 milliards de dollars d'investissement domestique aux US à 15 milliards en octobre 2013... Et arriva le Crowdfunding... >>>


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