11.01.2013

Fonctions électives : la percée des femmes au Cameroun

Par Armand ESSOGO, Cameroon Tribune, 31-10-2013
Mme Foning, maire
2013 a été une année électorale au Cameroun. Mais les élections n’ont pas seulement permis un renouvellement du personnel politique conformément aux usages. Elles ont surtout donné la latitude aux Camerounais d’exposer leur adhésion à l’approche genre. C’est vrai qu’au Cameroun, les femmes exercent depuis des lustres des fonctions gouvernementales. On les retrouve également aux postes de directeurs généraux d’entreprises et depuis quelques années déjà dans le commandement territorial.

Mais les débats ont toujours enflé autour de la question de l’accès des Camerounaises à des fonctions électives (maire, adjoint au maire, député). Très souvent, Elles ont été contraintes de jouer les seconds rôles en politique. Ceux qui décident leur ont souvent opposé leur faible capacité à mobiliser des ressources financières pour s’engager dans les rudes batailles dont seule la politique a le secret. A défaut d’être élues maires ou députés, les femmes ont été cantonnées au discret rôle de mobilisation et d’animation des meetings, sans réel impact sur la marche de la cité. L’injustice a souvent été décriée par des pionnières. Et sur le terrain, ces dames ont commencé à s’imposer, à dicter la loi aux hommes et ça a marché. Sauf que la représentativité de la femme camerounaise dans les exécutifs communaux et à l’hémicycle est jusque-là restée minime. Cette tendance vient d’être inversée lors des dernières élections législatives et municipales. A l’Assemblée nationale, les femmes vont occuper 56 fauteuils de députés. Lors de la 8e législature, elles n’étaient que 25 à légiférer et à contrôler l’action du gouvernement. Une telle percée, loin d’être le fait du hasard, est la résultante d’une série de facteurs.
Au plan strictement politique, le président de la République, n’a jamais caché sa volonté d’accorder plus d’espace aux femmes. Dans sa formation politique, le RDPC, des efforts ont ainsi été faits pour injecter les femmes dans les fonctions électives (maire, adjoint au maire, député). Mais les résistances ont parfois été fortes. Il a donc fallu de la détermination pour que lors des dernières investitures, le RDPC ouvre ses listes à ses militantes pour la course à un siège de conseiller municipal ou de député. Les lignes ont bougé et la représentation des femmes a explosé à l’Assemblée nationale. Le RDPC, à lui seul, a fourni 47 députés. Dans les autres formations politiques à savoir le SDF, l’UNDP, l’UDC et l’UPC le plaidoyer de la société civile a été entendu. Les femmes n’ont pas été oubliées.>>>

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