11.21.2013

Emploi et secteur informel, le chômage en baisse

Par Josiane TCHAKOUNTE, Cameroon Tribune, 20-11-2013

L’INS a présenté mercredi à Yaoundé les résultats de sept rapports thématiques sur ces deux secteurs.

Le taux de chômage au Cameroun est passé de 4,4% en 2005 à 3,8% en 2010. Sur la même période, le niveau du sous-emploi, bien qu’important, est en baisse. Il est, en effet, passé de 75,8 à 70,6%, soit une diminution de 5,2 points. Ce sont les résultats de la deuxième enquête sur l’emploi et le secteur informel (EESI 2) réalisée par l’Institut national de la statistique (Ins). Mais, ces chiffres, publiés ainsi, ne suffisent pas à mieux cerner l’ampleur des problèmes.
D’où le choix de l’Ins de produire des rapports thématiques de l’EESI2. Sept thèmes au total ont été retenus : insertion des jeunes sur le marché du travail ; formation et insertion professionnelle ; genre et marché du travail ; caractéristiques et déterminants du sous-emploi ; profil des travailleurs à bas revenus d’activité ; mobilité sur le marché du travail et productivité dans le secteur informel. Les résultats de ces différents rapports ont été présentés hier à Yaoundé au cours d’un atelier présidé par Joseph Tedou, directeur général de l’Ins. « L’intérêt de faire des rapports thématiques c’est d’aller en détail, mieux expliquer aux utilisateurs afin que dans leur prise des décisions, qu’ils aient toute la quintessence des informations pour savoir ce qui se passe afin de mener des politiques ciblées », a-t-il déclaré.
Sur le secteur informel                       
L’étude sur la productivité du secteur informel au Cameroun a porté sur 3 635 unités de production informelles (Upi). Elle révèle que leur nombre est en constante augmentation, ces dernières années. En 2010, les Upi étaient estimées à 2,5 millions d’après l’EESI2, avec des  investissements annuels se situant à près de 100 milliards de F. Les Upi non-agricoles exercent majoritairement dans le secteur du commerce et des services (65,8%). Seulement 5,7% ont au moins un salarié et moins de neuf employés sur 100 ont un salaire. Près de la moitié des employés travaillent plus de 40 heures par semaine. Le revenu moyen horaire est de 279,9 F. Plus de 50% de ces travailleurs gagnent moins du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig).
Sur le profil des travailleurs à bas revenus
A la différence des travailleurs pauvres (dont l’emploi ne permet pas de soustraire leur ménage à la pauvreté), les travailleurs à bas revenus sont ceux qui occupent le bas de l’échelle dans la distribution des salaires. Le seuil de bas revenu au Cameroun se situe à 55,6 F par heure. La proportion de ces travailleurs est de 43,7%, soit environ 3,9 millions de personnes. Un peu plus de la moitié ont moins de 25 ans.
Sur l’insertion des jeunes
Ce qu’il faut notamment savoir concernant ce segment, c’est qu’un peu plus de sept jeunes sur 10 ne sont plus dans le système éducatif et sont de potentiels candidats à l’insertion sur le marché du travail. Seulement 8% des demandeurs d’emplois consultent les petites annonces  pour trouver un travail. Par contre, 88% des jeunes en situation de chômage utilisent des canaux informels de recherche d’emploi. 40,2% passent par le réseau de relation des parents et d’amis. 21,2% optent pour la recherche directe auprès des employeurs. Les jeunes exercent plus dans le secteur informel (agricole et non-agricole). La part de l’emploi des jeunes dans le secteur formel est de 7,9%. En milieu urbain, leur revenu mensuel moyen s’élève à 52 600 F contre 19 600 F en milieu rural.

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